samedi 26 mai 2012

1741 - Révolution de "palais" pour une réception chez les Rohan ressuscités.

Ce sont les voisins d'en face, les Rohan, avec leur somptueuse demeure, abritant aujourd'hui une partie des musées de la Ville de Strasbourg qui ont inspiré l'enseigne 1741, et le "faste" de ce nouveau restaurant strasbourgeois dont nous attendions l'ouverture depuis quelques mois par Cédric Moulot (voir notre chronique du 19 mars).

En hommage à cette prestigieuse lignée aristocratique et épiscopale voisine, hôtes d'exception, c'est Thierry Schwartz qui s'installe aux fourneaux sur le quai des Bateliers. Au piano certes, ou  peut-être à l'épinette.
Attention aux courbettes, gare aux salves, la révolution des palais démarre dans la capitale européenne.

1741 - Strasbourg - Le Salon de Cote au Rez de Chaussée @lrds

Aux sans culottes, à ceux qui "ramènent leur fraise" pour parader, on murmurera qu'on ne plaisante pas à la cour et dans les salons du nouveau restaurant "1741".
Côté cour, côté jardin, que se trame-t-il dans ces quatre espaces dédiés au confort des corps et des papilles en alerte?

1741 - Strasbourg - La "cuisine de Thierry" @lrds

Quatre salons-boudoirs, tous différents vous accueillent et l'espace dénommé "La cuisine de Thierry", plus "décontractée" dévoile et opère à vue. On y voit le chef et sa brigade: 7 en tout avec les deux pâtissiers.
Après avoir "tiré à blanc" une semaine durant pour se "roder", on vous y accueille à l'aise pour goûter cette cuisine de secret de chef étoilé. "La cuisine" de Thierry se dévoile à vue et l'on se plaît à voir se dérouler "le coup de feu" du dîner.

1741 - Strasbourg - salon du 1er étage @lrds
Visite de la maison par l'escalier central qui vous mène jusqu'au dernier salon, divinement décoré, sous les toits: trois tables dressées, espace intime, ambiance discrète et feutrée.
Au premier étage, la salle Cagliostro propose sa "bonbonnière", une alcôve revêtue de velours rose, confortable à souhait, où l'on semble attendre que les deux petites fées au service exhaussent vos vœux. Aux murs une tapisserie digne du musée du papier peint  de Rixheim: tout de rose avec figurines sur balancelles à la Watteau. Calme, luxe et volupté. Le boudoir baudelairien séduit.

1741 - Strasbourg - Alcôve Cagliostro - "la Bonbonnière" - 1er étage @lrds

Qu'à cela ne tienne, ce sera un verre de Dom Pérignon 2003, (28 Euros) ambré, parfumé et une coupe de champagne Larmandier-Bernier (16 Euros)...
En amuse bouche, la mini tarte flambée du chef, servie sur un support de pierre. Un menu spécial dégustation, "surprise du chef" selon son humeur de l'instant nous attend.

1741 - Strasbourg - La mousse de foie gras à la poudre de truffes @lrds
Le nuage de foie gras, à la poudre de truffe, moussu, tendrement acidulé, vinaigré est une belle invention. La légèreté l'emporte sur le goût et l'on fond de plaisir. Tout à côté de l'alcôve, sur le guéridon, les petits pains tout chauds exhalent la bonté divine de la pâte fraîche: pain feuilleté à la fleur de sel, le plat baguettine, le pain olive/oignon ou celui au sésame grillé et pavot accompagnent les mets avec douceur.
Mickael Wagner se révèle un passionnant et passionné sommelier dont on boit les paroles sans modération. Elu "meilleur sommelier du Luxembourg" en 2010, il propose pour la touche de vin, un premier cru Engelgarten "le Jardin des Anges" 2009 de chez Marcel Deiss, à Bergheim, très mature à la belle robe ambrée, senteurs boisées. Un assemblage "inventé" de des cépages cultivés sur une même parcelle: riesling, muscat, pinot blanc, noir et gris pour la sculpture du vin d'Altenberg élevé en foudre. Ou un Bordeaux blanc 2010, Château Fonréaud le Cygne, au goût de fut, acidulé.


1741 - Strasbourg - Mur de "verticale" de vins d'Alsace @lrds

Le sommelier jubile en présentant sa cave et ses produits qu'il connait sur le bout des papilles et vient commenter ses crus choisis par amour du métier. Le "palais" est en fête. Le décor qui l'environne n'est pas innocent: un mur de verre transparent qui abrite les bouteilles de six vignerons de sa carte: comme une partition qui décline la gamme de l'œnologie. La légèreté des beaux verres surprend: la facture fragile et gracile est celle d'un artisan et poète suisse: du verre soufflé à la bouche, cristal sans plomb, pied et calice liés.

1741 - Strasbourg - Verre de cristal soufflé à la bouche @lrds 

Pendant ce temps, autour de nous, le service féminin sous la houlette de Catherine, chuchote dans l'escalier, attentif, parfait dans sa tenue, son élocution , comme à l'église dans ce bel écrin, sanctuaire de la gastronomie. Sur la nappe blanche, les couverts argentés, sculptés, taillés et ciselés trônent royalement. La "petite cuillère" est une pièce d'orfèvrerie exceptionnelle.

1741 - Strasbourg - petite cuillère @lrds

Pour poursuivre le repas, une soupe de tomates rôties, servie dans une petite soupière de porcelaine blanche avec jolies et fines tartines aux feuilles et  fleurs de roquettes, basilic braisé, frit dans l'huile.Comme des toasts, toujours déclinés sur la tomate, épicée, Le bonheur est dans ce "jardin des délices" végétal.Petite parcelle de jardin de curé.

1741 - Strasbourg - petites pizzas @lrds
Puis, servi dans de belles assiettes dorées de chez Bernardaud, spiralées aux dorures stylées,  voici "le royal asperges", mousse acidulée, en deux strates avec pointes d' asperges croquantes citronnées et fondant de parmesan. Les tiges sont finement coupées en rondelles al dente. Le fromage onctueux, fort en bouche est un très heureux mariage avec la fraîcheur vive des asperges.

1741 - Strasbourg - Royal asperges au parmesan @lrds

Un verre de sauguettes côtes du Jura 2011, prémisses 2012 du mois de mai, domaine des miroirs Kenjiro Kagami, comme un Sauvignon sera la surprise du sommelier pour satisfaire aux fragrances et textures du mets tiède. "Pas d'étiquette pour les grands vins": ce Chardonnay du jura, ces "prémisses" sont de bonne augure, carafé, biologique, "libre" en diable, "nature" sans souffre..à la fraîcheur de pomme.

1741 - Strasbourg - Les Prémisses de Kenjiro Kagami @lrds

Puis c'est le puissant et très attendu turbot braisé avec asperges sauvages et tombée de poireaux et oignons grillés, fenouil, pesto et noisette grillées, sauce au beurre blanc. Le vin une fois de plus s'harmonise aux parfums grillés-fumés de ce plat à partager à deux. Le turbot est tranché épais, aux écailles de truffes. Un régal.

1741 - Strasbourg - Turbot aux asperges @lrds 

En dessert un sorbet fraise des bois sur un biscuit pâte sablée finement granulée comme en semoule parfumée, auréolée de barbe à papa aérienne, en nuage.

1741 - Strasbourg - Sorbet aux fraises @lrds 

En salle, les convives d'à côté reçoivent "le tout choux" sur guéridon: une cathédrale dévolue à la pâte à  chou: magistral édifice, architecture gourmande inégalée: du très grand art culinaire.

1741 - Strasbourg - Choux en folie @lrds 

Le café est de la même trempe avec mignardises macaron grany smith et meringue tête de nègre italienne au chocolat noir.

1741 - Strasbourg - Mignardises @lrds 

Les Rohan peuvent être aux anges: la tradition est reine et ici digne d'un artiste, chef cuisinier, jeune, inventif qui ose le tout pour le tout.
1741: la révolution de palais à bien lieu.

Bon Appétit

Le Resto du Samedi


1741
Restaurant boudoir
22 Quai des Bateliers
67000 STRASBOURG
03 88 35 50 50
www.1741.fr
boudoir@1741.fr

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