samedi 7 avril 2012

Le Buerehiesel à Strasbourg - un joyau de la gastronomie dans un écrin de verdure

Au cœur du parc de l'Orangerie, dissimulée dans les allées bordées d'arbres centenaires, dans les allées où craquettent les cigognes, la maison trône, avec ses poutres apparentes ornées de figures, visages multiples comme autant de mines réjouies de gastronomes.
Vaste demeure majestueuse dont on franchit le porche avec un petit côté solennel, mais plein de curiosité aiguisée par cet enchantement champêtre tout près de la ville.


Burehiesel - Strasbourg - Véranda @lrds

L'accueil est vif et discret, les sourires de Clément Dittlo, le maître d'hôtel et le clin d'œil de Jean-Luc Zimmermann, le sommelier "maison" avec sa broche légendaire en grappes de raisin font le reste de cette attention qui sera portée tout au long de la soirée au convive gourmet.

Burehiesel - Strasbourg - Véranda @lrds
Un petit recoin privatif pour couples complices, des tables mises espacées autour d'un comptoir design qui abrite le vin et fait office de déserte. La salle en véranda, annexe contemporaine de la maison mère plus rustique est comme une coque de bateau renversée. Des panneaux de verre suspendus, une verrière comme une serre claire et lumineuse où filtre le soleil couchant: le cadre est rêvé en ce début de printemps qui affiche ce soir-là la nouvelle carte de saison: Bateau ivre de bonne chère, voici un bon départ pour des escales gourmandes, port d'attache de très bons produits dont l'origine est identifiée sur la carte.
On se laisse tenter par l'apéritif maison "Nectar de quetsche et crémant d'Alsace" (8 Euros) au goût délicieux, pas trop sucré, mais au goût du fruit, avec en amuse-bouche un maquereau sur lit de caviar d'aubergines.. 
La nouvelle carte, illustrée des nymphéas du peintre alsacien Roger Muhl dont on retrouve l'authentique toile à l'entrée, en compagnie d'oeuvres d'Erwin Heyn, propose un foie gras d'oie de Sarlat, un rouget barbet de petit bateau, chipirons sautés (21 Euros).


Jaune d'oeuf crémeux aux asperges - Buerehiesel Strasbourg @lrds
Le "Jaune d'œuf fermier crémeux aux asperges vertes du Midi sur une gelée corsée de bœuf" est un régal, fondant parfumé vert et frais: petite composition esthétique aux couleurs composées comme une toile colorée. L'assiette est un petit chef d'œuvre de dressage pictural et le mariage de la gelée, cachée sous le vert crémeux et gouteux est une agréable surprise. Avec un verre de côtes de Provence blanc pour la touche vivace de senteurs végétales. Des queues de langoustines, juste "raidies" font rêver à une future étape de dégustation. Le tout tarifé doux autour des 20 Euros.
La croisière continue avec la pêche miraculeuse: "Lieu jaune de ligne, aïoli à l'anis (24 Euros) bar de nos côtes, vapeur, cocotte de homard bleu de Bretagne et Féra du Léman en croûte de pain aux amandes (21 euros!). Des cadeaux rapport qualité-prix, du jamais vu pour un étoilé Michelin. 


Bar de ligne aux asperges - Buerehiesel Strasbourg @lrds 
Le bar de ligne est succulent, crémeux à l'émulsion d'asperges, vertes, craquantes.Un verre de "Gris-Gris", les trois cépages de pinot 2009 de chez Josmeyer, bien "gras" en bouche, et les goûts s'allient sur la mer et les fragrances d'huitre ou de crustacés.


Agneau de Barèges - Buerehiesel Strasbourg @lrds 
L'agneau de Barèges dans les Pyrénées nous fait encore voyager en douce France avec sa selle rôtie aux épices, son épaule confite, panoufle aux fruits sec et tagine de légumes. (31 Euros). Avec un verre de Bordeaux Pierrard 2008 qui fera mouche.
Toujours présenté sur assiette avec un désir de séduire les yeux, les narines et l'appétit grandissant de convoitise. Saignant, fondant, l'agneau annonce la Pâques et son renouveau de produits frais et légers. Un mignon de veau rhônalpin poêlé, pieds et ris de veau en cromesquis ou le fameux "autour du cochon de Lapoutroie" font encore rêver aux contrées et paysages de France.
Sans oublier les classiques de la maison, incontournables "Schniederspaetle et cuisses de grenouilles", la "poulette pattes noires" servie pour deux au guéridon, avec la dextérité d'un service impeccable efficace et discret.
Le petit ballet des tabliers design comme à l'atelier, noués autour de la taille. Fabrice Thouret, le second de cuisine auprès de Eric Westermann fait des miracles: le pain maison est frais et craquant. Tout est harmonie, sans fausse note.


Rhubarbe d'Alsace au jus de fraises - Buerehiesel Strasbourg @lrds 
Quant aux desserts, la "Brioche à la bière, caramélisée à la bière, glace à la bière et poire rôtie" est un must en hommage au terroir brassicole. Goûtez la divine "Rhubarbe d'Alsace au jus de fraise, crème brûlée àl a vanille Bourbon" qui vient tout juste de sortir de l'imagination du chef au piano, des quatre saisons vivaldiennes. 


Glaces maison - Buerehiesel Strasbourg @lrds 
Les glaces et sorbets turbinés maison font honneur à la qualité constante des produits: parfum "glace he au café", moka" ou sorbets onctueux aux fruits exotiques ou de saison. Pour 12 Euros, surtout ne pas se priver pour clore ainsi un repas de fête.
Les mignardises pour le café , chocolat, langues de chat à la cannelle et orange confite font retomber en enfance.
Et le Saint Honoré au mascarpone et à la fraise, dressé comme une toile colorée sur assiette est une fois de plus le régal des yeux.
On discute ici avec le sommelier, comme chez soi, de bons produits ou de souvenirs liés à l'Alsace: la chasse , les marcassins ou les sangliers dans le cœur de Jean-Luc Zimmermann qui invite à bien d'autres visites dans cette verrière de cristal, ce bateau des délices, ce palais des glaces, ce petit Versailles de la gastronomie locale qui s'ouvre aux régions avec malice et bonheur.


Que vogue le navire, chaloupant, chavirant vers le vertige des fragrances de printemps. Hommage aussi aux asperges émergentes....Ici, les cigognes font la carte du printemps.


Bon appétit


Le Resto du Samedi


Buerehiesel
4 parc de l'Orangerie
67000 Strasbourg
03 88 45 56 65
www.buerehiesel.com

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