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dimanche 5 mars 2023

Un Week-End Alsacien de la Gastronomie au Sommet (élyséen) avec le Michelin

 Le guide Michelin, constatant que plus de 80% de ses restaurants étoilés sont situés hors de Paris a démarré l'année dernière la présentation de sa sélection annuelle à Cognac.

L'Alsace, représentée par la Collectivité Européenne d'Alsace s'est positionnée pour la suite et a eu l'honneur d'être la deuxième étape dans ce Tour de France gastronomique (il se chuchote que l'année prochaine l'hôte sera sera une ville du Sud).

En tout cas, c'est à l'Hôtel d'Alsace (où l'on ne dort pas!) que les portes se sont grand ouvertes pour accueillir en avant-première les chefs étoilés, les professionnels et les journalistes pour un week-end touristique et gastronomique de découvertes et de festivités.

La CEA et ses nombreux partenaires et sponsors, dont les corporations professionnelles et les centres de formation, la CCI et la Chambre d'Agriculture, entre autres, ont ainsi accueilli dans le hall de l'Hôtel d'Alsace transformé en un vaste buffet tout ce beau monde. Les festivités ont été lancées par Frédéric Bierry, le président de la CEA soutenu par son conseiller gastronomique Nicolas Stamm-Corby et sous la bénédiction de Guillaume Gomez, ancien chef de l'Elysée et désormais représentant du Président de la République pour la Gastronomie, l'alimentation et les arts culinaires. Guillaume Gomez adore la cuisine et les produits alsaciens et défend aussi les vins d'Alsace. 


Guillaume Gomez, ancien chef de l'Elysée et une jeune Alsacienne - Photo: Photo: Robert Becker

Il était venu en Alsace en mars 1998 à l'occasion du Trophée du jeune Chef qu'il a remporté et où il a pu rencontrer pour la première fois Emile Jung - et manger chez lui dans son restaurant triplement étoilé. Cela lui a peut-être porté bonheur?


Guillaume Gomez, ancien chef de l'Elysée et les ramoneurs - Photo: Photo: Robert Becker

En 2004, il est devenu à 25 ans, le plus jeune "Meilleur Ouvrier de France". Ce qui lui ouvert les cuisines de l'Elysée et démarré sa carrière qui a culminé avec le poste de Chef de cuisine de l'Elysée en 2013, poste qu'il a tenu jusqu'en 2021.


La soupe de Jean-Paul Acker - Roger Bouhassoun - Photo: Robert Becker

Pour cette manifestation, les chefs d'Alsace et les Etoilés d'Alsace proposent une belle variété de leur savoir-faire culinaire, dont une "soupe au Riesling", une délicieuse matelote aux escargots et aux champignons de Jean-Paul Acker de la Chenaudière, de magnifiques et goûteuses tartes flambées bien cuites et de délicieuses variations de presskopf, sans compter les déclinaisons du Bretzel - "J'aime l'Alsace" oblige! 

Ces chefs alsaciens accueillent avec chaleur leurs confrères du reste de la France et leur font signer une grande toque pour en immortaliser le souvenir:


La toque géante signée par les grands chefs - Photo: Photo: Robert Becker


Pour faire découvrir l'Alsaceà tous ces hôtes une dizaine de parcours "immersifs" ont été organisé l'après-midi dans des lieux aussi variés que le Haut-Koenigsbourg, le Musée du Pain à Sélestat et celui du Munster à Gunsbach, la brasserie Storick à Schiltigheim sous la conduite du Biérologue Hervé Marziou et quelques caves dont, par exemple chez Mélanie Pfister les avec des "Divines d'Alsace". Mélanie Pfister nous a fait découvrir les installation de la cave, où elle expérimente, entre autres, des élevages en pots en grès. 


Le Michelin en Alsace - la cave de Mélanie Pfister à Dahlenheim - Photo: Robert Becker


Elle accueillait aussi deux autres "Divines", Céline Metz de Blienschwiller et Céline Stenz-Buecher de Wettolsheim et toutes trois nous ont fait goûter leurs vins élevés en bio et biodynamie:  trois versions de Riesling "Grand Cru" 2019 et 2012: Engelberg, Winzenberg et Steingrubler et des Pinots Noirs de 2018. 


Le Michelin en Alsace - la cave de Mélanie Pfister à Dahlenheim - Photo: Robert Becker


Un plateau d'une dizaine de délicieux fromages d'Alsace sélectionnés par les MOF Christelle Lorho et Laetitia Gaborit était l'occasion de se faire "oenologue-assembleur". Par groupe de quatre, trois vins (Pinot Blanc, Gris et Gewurtztraminer) ont servi de base à de savants mélanges pour valoriser ces goûts du terroir. Une expérience bien instructive et sympathique où le chef doublement étoilé du Chabichou à Courchevel, Stéphane Buron et le jeune (33 ans) nouveau chef du restaurant étoilé Loiseau des Ducs à Dijon, Jean-Bruno Gosse, ou le responsable commercial des Caviars Petrosian se sont retrouvés à concocter avec des journalistes professionnels leurs propositions en dialogue avec les trois viticultrices. 


Le Michelin en Alsace - Dégustation et "mélanges" dans la cave de Mélanie Pfister - Photo: Photo: Robert Becker


La fête s'est achevée par la dégustation surprise d'un "vin orange" maison (Gewurtztraminer) en confirmant la constatation d'une journaliste revenant d'un salon à Montréal que les Canadiens adorent le "vin orange"... d'Alsace aussi, puisque Mélanie Pfister y exporte un bonne part de sa production.


Le Michelin en Alsace - Dégustation et "mélanges" dans la cave de Mélanie Pfister - Photo: Photo: Robert Becker


Les festivités continuent à Diefenbach-au-Val dans les chais de la distillerie Peureux-Massenez où après un accueil des chefs par Bernard Baud et Elodie Naslin, les deux "hôtes" de la maison:


Le Michelin en Alsace - Nicolas Stamm-Corby - Bernard Baud - Elodie Naslin - Serge Schaal - Photo: Photo: Robert Becker


Les visiteurs profitent de cocktails divers et d'un discours de Gwendall Poullennec, directeur du Guide Michelin:


Discours du Directeur du Guide Michelin Gwendall Poullennec chez Massenez - Photo: Robert Becker


Et c'est l'entrée majestueuse dans la salle de banquet - bien sûr après le brief de l'équipe "volé" en amont avec Stéphane Sanchez, le journaliste réalisateur de l'émission gastronomique du 7à8 de TF1.


Michelin  chez Massenez - Les coulisses du banquet avec Stéphane Sanchez 7à 8 TF1 - Photo: Robert Becker


Michelin chez Massenez - L'accueil du banquet avec le service de Julien - Photo: Robert Becker


Après un presskopf "maison" ils ont droit à la royale choucroute (délicieux jarret de porc fondant, lard et viande et moultes saucisses, dont du boudin goûteux) de Gérard Goetz, l'ancien chef de chez Julien. Celui-ci se fait assister en cuisine par toute une brigade de chefs amis, dont Laurent Arbeit et Yannick Germain. La fête continue avec la surprise "emballée" des "accords frappés - fromage-alcools - en collaboration avec la maison Lorho. Pour finir par une très belle et délicieuse Forêt-Noire conçue par la cheffe pâtissière de l'hôtel-restaurant du Parc à Obernai Marie Wucher:


Michelin  chez Massenez - Les cuisines du banquet - Photo: Robert Becker

Michelin  chez Massenez - Le cuisinier auteur de la choucroute Gérard Goetz - Photo: Robert Becker

  
Michelin  chez Massenez - Le "portage" de la choucroute de Gérard Goetz - Photo: Robert Becker


Michelin  chez Massenez - La choucroute de Gérard Goetz - Photo: Geneviève Charras


Michelin  chez Massenez - La Forêt-Noire de Marie Wucher chef patissière du Parc à Obernai - Photo: Robert Becker


A suivre... la cérémonie officielle de remise des Etoiles et autres récompenses du Michelin le lundi 6 mars à 10h00 au Palais de la Musique et des Congrès à Strasbourg...


Le Resto du Samedi 


Et pour rappel, les Bib Gourmand décernés en Alsace annoncés le 4 février 2023

mercredi 23 mai 2012

Pains Westermann: La boulangerie de Strasbourg, "Orfèvre" en la matière

"Un fournil, c'est comme une bonne poêle, ça se culotte". Jean Westermann, du célèbre bistrot "Secrets de table", avoue un mois après l'ouverture de la boulangerie familiale située rue des Orfèvres, que le rodage est nécessaire au nouveau fournil installé dans la cave de la boutique.

Pains Westermann - Strasbourg @lrds

Un fournil tout neuf, pas celui du restaurant Buerehiesel qui a servi de laboratoire-testeur pour imaginer les 25 sortes de pains différents qui trônent, alignés en fond de boutique, derrière la vitrine des viennoiseries, pâtisseries boulangères et petits pâtés à la viande, tourtes, quiches....

Le pain, c'est un atavisme familial depuis 20 ans que Jean et Eric le façonnent dans leurs restaurants respectifs. Il était temps à présent d'ouvrir une vraie boulangerie, comme celle du grand-père à Wissembourg dans les années 1960/1970.... Des souvenirs d'enfance à raviver pour le plaisir du client.
Ceux du quartier du Carré d'Or, de 7h30 à 19h30, pour satisfaire à toutes les envies, respectant les us et coutumes du secteur.
"On fabriquait le pain pour nos restaurants, alors pourquoi ne pas en vendre et cultiver ainsi notre amour du bon pain, du produit?" renchérit Eric. La qualité du pain, à table avec les mets, en tartine et sandwich et à présent en boulangerie, cela fait sens à présent. "Le produit, c'est le nerf de la guerre". L'amour du produit préside à ce beau projet qui vient de voir le jour: les meilleurs ingrédients, à savoir la farine du minotier Becker-Burggraf de Dossenheim sur Zinsel, le beurre du voisin fromager affineur Lohro, la viande pour les pâtés venue d'un abatteur de l'Ain, le chocolat Valrhona pour les petits pains et tartes au chocolat, "Le grand Noyer" fournisseur de l'Ain pour les fruits secs... Sans oublier les gousses de Vanille Bourbon de Madagascar "pour réactiver le vrai goût de la vanille, pas celui de l'extrait auquel on s'est peu à peu habitué malgré nous. Cette vanille surprend le client dont les papilles ont été trop longtemps maltraitées, dans  les éclairs ou les millefeuilles".
On bouscule donc ici les habitudes, on présente les tartes entières, généreuses. "Pas de secrets" sur les produits ni les recettes pour cette équipe si bien rodée, formée au Buerehiesel: "De là naît la constance de qualité, ce sont les ingrédients de la réussite, comme cette hyper-compétence en stratégie d'entreprise qui vient d'une longue expérience" nous conte Olivier Klein, monté dans le navire avec les frères Westermann et Anne, la femme de Jean. C'est elle qui commande et décide in fine après les diverses consultations collégiales. Avec son beau tablier design très seyant, elle veille et impulse la dynamique de la boulangerie et de cette fine équipe de huit salariés. Elle arbitre et tout le monde y gagne en plaisir. Même les 3800 écoliers du quartier, le village du Carré d'Or sont  invités à découvrir la formule "goûter de 4 heures": une tranche de bon pain avec une vraie barre de chocolat noir et une bouteille d'eau pour 1,50 Euros.
Côté déco, c'est à un architecte du quartier, Marc Henkel que le concept d'une boutique spacieuse pour le client et le service a été confié: Ambiance factory du milieu du XXème siècle, pour rappeler le métier, les choses bien faites. Il y a de l'intemporel dans la boulange: un métier de toujours qui dit bien que cette boulangerie neuve a déjà une histoire. Celle de la tradition, de la convivialité des métiers de bouche et de l'artisanat. Pour preuve cette belle tourte de seigle qui trône en entier ou à trancher devant le client.
"Le pain a une rémanence dans la dégustation, un goût prononcé en bouche, la cuisson, pas trop exagérée donne du parfum, du mordant et du plaisir" remarque Olivier Klein, amphitryon de la maison.nEt manager de surcroît car "la multiplication des pains Westermann" est prévue en filiale dans d'autres villes. De quoi enchanter d'autres contrées avec le pain complet, aux noix, avec le pavé des Vosges du Nord (malt, orge, seigle torréfiés), le pain auvergnat, "l'Orfèvre", cette jolie marguerite à neuf pétales aux graines variées à rompre durant le repas: Un joli rituel quasi biblique...
On parlera du "WLP", ce sandwich Westermann/Lorho/Porcus pour son pain, son beurre et son jambon d'excellence.
Et pour finir un mot sur le rapport qualité/prix de ces fondamentaux de la vie de tous les jours: la baguette "Bubu" - du Buerehiesel - à 1,10 Euro, la "Tradition" à 1 Euro, les viennoiseries à moins d'un Euro et les pâtisseries entre 2,50 et 3 Euros. Au quotidien, on se l'offre sans compter. C'est le credo de la maison du bonheur.
Goûtez au millefeuille, à la tarte à la rhubarbe meringuée, à celle au citron, aux éclairs.... A se damner. Succombez à la tentation et ne nous délivrer pas du pain quotidien surtout.
Que l'esprit de corporation, du métier, du bon, du meilleur fasse émulation et stimulation, car "on ne copie pas le pain des autres leaders et référents du secteur, on fait plaisir par un travail éclairé et pertinent qui atteste de toutes ces années engrangées de compétences tissées"...

Bon appétit

Le Resto du Samedi


Pains Westermann
Boulangerie Salée et Sucrée
1 rue des Orfèvres
67000 STRASBOURG
pains@westermann.fr
www.westermann.fr